Dieu et ses religions

Dans l’Histoire du Monde que je potasse ferme, comme si je devais passer un concours d’agrégation de prof d’histoire dans les six mois qui viennent, toutes les descriptions ayant trait aux diverses religions me tombent immanquablement des mains et de la raison qui gouverne mon esprit. La foi et la croyance méprisent souverainement la raison, et c’est bien cela que je déteste.

Le christianisme (surtout le catholicisme) la religion la plus meurtrière et hypocrite, bien plus que l’Islam, toujours au service du pouvoir et des nantis, avec ses dogmes incompréhensibles -que peut bien signifier cette abracadabrante histoire de sainte Trinité, ce polythéisme déguisé ?-; cette religion à vocation universelle donc à prétention ouvertement hégémonique, fondée sur l’enseignement du Christ, ah oui ! parlons-en. Cet horrible « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui l’autre joue. » Dire que d’aucuns en font un révolutionnaire ! Et le mirage de cet incrédible royaume des cieux dont il nous bassine de façon obsessionnelle ?  »Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! », puis cet aveu de son étourdissante démagogie, qui répond à une question de ses disciples : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles? » : « Je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent. » A qui s’adressait donc le Christ ? Aux abrutis de tout poil, c’est clair. Une religion de faibles, d’esclaves et de crédules, disait en gros Nietzsche. Qui, au final, ne les aura que mieux exploités et dupés, au nom du sinistre crucifié dont on ne saura jamais quelles furent ses réelles intentions. Et si Jésus était l’envoyé du Diable sur terre ?

On fait grand cas du bouddhisme qui, je sais, je sais, n’est pas tant une religion qu’une pensée dite philosophique. Une pensée vouée à transformer l’être humain en légume quasi grabataire, en surzombie. Ce fameux Nirvana, qui passe par l’annihilation des désirs et des souffrances, autant dire par la dépossession de tout ce qui incarne le plus fort de la vie. Ce qui n’empêche pas pour autant le Daila Lama d’avoir l’air d’un petit bonhomme facétieux et madré qui ne s’en laisse pas compter par les désolantes simagrées des membres de la classe politique française qui s’empressent à reculons et en tout cas par pur et criant opportunisme de venir lui faire risette.

L’Islam, je n’en dirai pas grand-chose. Une religion qui a été conquérante, oui, mais quelle civilisation, quand même, en ce temps où l’Europe n’était qu’un trou à barbares incultes. Une religion très pompée du judaïsme, ce qui est un plus pour moi. Du judaïsme, précisément, je ne dirai pas grand-chose non plus. C’est trop compliqué. Mon père, dans une interview à l’occasion de la sortie de ses histoires sur Dieu, moi et les autres, avait déclaré :   »Dans mon livre, il y a d’abord le côté aberrant de ne pas croire en Dieu et de faire comme si on y croyait. C’est très juif, ça. Le Juif a toujours énormément dialogué avec Dieu…. Albert Cohen dans ses carnets écrit des supplications à Dieu auquel il ne croit pas. Il y a cette phrase extraordinaire de lui que je cite de mémoire : Tu sais bien, mon Dieu, qu’il n’y a que toi qui aies compté pour moi, même si tu n’existes pas. » Et, vrai, notre-Dieu-qui-n’existe-pas est un personnage formidable. Il a vraiment tous les défauts de la mère juive, telle qu’on la caricature : jaloux, possessif, exclusif, susceptible et exigeant, culpabilisant, atteint d’un sentiment de mal aimé à nul autre pareil, sans cesse dans le chantage affectif, colérique, etc. En échange, il a fourgué à son peuple une terre pourrie qui, deux mille ans après, est devenu le seul et unique coin de la planète où les Juifs doivent encore lutter pour leur survie. Et, au fait, Yaveh, il était où, pendant la guerre ? Pourquoi se taisait-il ? On s’est souvent posé cette question, oui. Il se planquait ? Il a été arrêté dans une quelconque rafle et gazé ni vu ni connu ? Ce Dieu-là, j’en parle d’ailleurs dans mon dernier livre Tuez-moi (pages 101 à 105), le seul passage vraiment drôle et dans la veine de l’An prochain à Auschwitz dans ce livre par ailleurs assez funèbre ; Dieu qui squatte le domicile de mon personnage et lui en fait baver un maximum.  

Bref, ne demandez jamais à un Juif d’attaquer sa religion, même s’il est athée. Quelque part, elle lui tient trop à coeur, elle fait partie de son identité. Il me revient l’histoire juive suivante :

« Une dizaine de Juifs se retrouvent, après un naufrage, sur une île déserte. Au bout d’un certain temps, des sauveteurs les retrouvent. Au vu de deux constructions strictements semblables et bâties l’une à côté de l’autre, ils interrogent les Juifs. « C’est quoi, ces deux bâtiments? -Ce sont deux synagogues. -Deux synagogues pour une dizaine de personnes ? -Oui. L’une pour ceux qui croient en Dieu, l’autre pour ceux qui n’y croient pas. »

Pour terminer, voyons ce que Sternberg écrit sur la religion, dans son dictionnaire des idées revues:  « J’ai toujours haï la religion parce qu’elle exclut tout humour. De même, je déteste les églises et les cathédrales, ces pompeuses architectures qui sanctifient le grand Rien et ont englouti des fortunes qu’on aurait pu distribuer à des humains, au nom de la mythique charité chrétienne. Mais je serais volontiers entré dans une église appelée Notre-Dame des Athées. » Cela m’évoque un lugubre souvenir. Cet après-midi du jeudi 5 octobre 2006 où il a fallu hospitaliser mon père qui allait de plus en plus mal, à seulement six jours de sa mort. Dans l’ambulance, il a demandé : « Où allons-nous ? » Je lui ai répondu: « A l’Hôtel-Dieu. » -C’est où ? -Juste à côté de Notre-Dame. -Charmant ! avait-il lâché d’un ton méprisant, en levant les yeux au ciel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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