Jean-Jacques vu par Nietzsche

« Des hommes comme Rousseau s’entendent à utiliser leurs faiblesses, leur lacunes, leurs fautes, comme un fumier pour leur talent. Si celui-là se plaint de la corruption et de la décadence de la société comme d’une funeste conséquence de la civilisation, il y a là au fond une expérience personnelle dont l’amertume lui donne cette âpreté d’une condamnation générale et empoisonne les flèches qu’il tire ; il se soulage d’abord comme individu et pense à chercher un remède qui sera d’utilité pour la société directement, mais indirectement et grâce à elle, pour lui. » (Humain, trop humain, 617) écrit en 1878.

« Mais Rousseau, -où vraiment voulait-il revenir ? Rousseau, ce premier homme moderne, idéaliste et canaille en une seule personne, qui avait besoin de « la dignité morale » pour supporter son propre aspect, malade d’une vanité effrénée, d’un mépris effréné de lui-même. Cet avorton qui  s’est campé au seuil des temps nouveaux, voulait lui aussi le « retour à la nature » -encore une fois, où voulait-il revenir ? Je hais encore Rousseau dans la Révolution ; elle est l’expression historique de cet être à deux faces, idéaliste et canaille. La farce sanglante qui se joua alors, l’ « immoralité » de la Révolution, tout cela m’est égal ; ce que je hais, c’est sa moralité à la Rousseau, -les soi-disant « vérités » de la Révolution par lesquelles elle exerce encore son action et sa persuasion sur tout ce qui est plat et médiocre. La doctrine de l’égalité !… » (Le Crépuscule des idoles, 48) écrit en 1888, un an avant son foudroyant effondrement psychique à Turin.

 

 

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