MAI 68 (11)

Ce jeudi 16 mai, je me suis enfin rendu à la Sorbonne qui était elle aussi occupée depuis trois nuits. Ce fut pour tomber dans une assemblée de médiocres  qui pensaient encore à leurs examens, comme si rien ne s’était passé, comme si les barricades du 10 mai avaient été en sucre et chocolat, comme si les flics nous avaient matraqués avec des fleurs. Là comme à Nanterre, les professeurs se distinguaient. Dont l’un, bien connu pour son éternel « Moi, moi, moi », profitait de l’occasion pour complaisamment débloquer et sombrer dans le fil de ses souvenirs d’enfance ; mais personne ne songea à virer ce gaga. Un autre piqua sa crise parce que les étudiants ne s’organisaient pas assez vite et menaça de démissionner. On voyait la profondeur de leurs convictions, c’en était désarmant. 

Pourtant, cette journée du 16 mai, je m’en souviendrai toute ma vie. Il y eut d’abord un premier choc, qui en préfigurait un second. Trois fois rien pourtant. Le drapeau rouge fiché sur la chapelle de la Sorbonne. Quand je l’ai aperçu, flottant au vent, je me suis rappelé une photographie qui m’avait toujours vivement impressionné. Elle représentait deux soldats soviétiques en train de planter le drapeau rouge frappé du marteau et de la faucille au sommet du Reichstag de Berlin, à la fin de la guerre. Elle est célèbre, cette photo, et elle m’émeut grandement. Je m’imaginais les années de souffrance du peuple russe, puis la victoire finale sur la crapulerie nazie que consacrait la bannière rouge. Le drapeau au sommet de la Sorbonne me procura la même sensation de défi glorieux et de victoire sur quelque chose de très pourri. Ce torchon sanglant était pour moi un emblème d’une merveilleuse signification. A partir de ce moment-là, j’ai vraiment pris conscience que quelque chose changeait. Et j’ai bien passé cinq minutes entières dans un état de sidération, à contempler ce drapeau rouge. Par la suite, chaque fois que je me suis rendu à la Sorbonne, c’est à lui que s’offrait mon premier regard, et je souriais de contentement. Aussi, j’ai éprouvé une grande tristesse quand, un mois après, les flics l’ont arraché de leurs grosses pognes incultes pour y substituer le drapeau tricolore que l’on avait à la fois trop vu et dévoyé. 

Le second choc de la journée n’est pas survenu brusquement, mais en douceur. Par signes annonciateurs par-ci par-là, de vagues prodromes, puis assez abruptement, la révélation, la pleine prise de conscience. Je parle de ma rencontre avec la Révolution qui date bien de ce jeudi 16 mai. Il est des rencontres capitales dans une existence. L’amour, la mort. On apprend beaucoup de choses au cours des années qui était restées confinées jusque-là dans les livres ou plaquées sur un écran de cinéma. Et c’est un choc de les voir, un beau jour et contre toute attente, bien réelles, nues et crues en face de nous. La Révolution, c’était bien l’abstraction par excellence, la possession poussiéreuse des historiens, qui m’avait de tout temps enthousiasmé mais que je désespérais de pouvoir vivre de mon vivant. Je ne comptais pas, à l’évidence, avec le côté totalement imprévisible qui caractérise le peuple français et sidère les pays étrangers. Le Français, il roupille des années et des années, puis soudain une grande folie s’empare de lui, il gueule, il revendique plus fort que tout autre, il bouscule tout dans ce désordre le plus incroyable qui le mène toujours à sa perte. Tandis qu’à l’étranger, que ce soit en Allemagne ou en Angleterre, c’est désormais le sommeil à perpétuité, sans nulle espérance de réveil. Parlez de la révolution à un Anglais ou à un Allemand, il sait à peine ce que vous entendez par ce terme tout à fait éculé et périmé ; pis, il rira à pleine gorge. Pour eux, la révolution c’est du carnaval, un accessoire de théâtre, qui ne fait plus peur du tout. Mais, le Français, qu’il soit réactionnaire ou non, sait bel et bien ce que le mot « révolution » signifie. Il en tremble dans sa culotte ou atteint le septième ciel. Pur atavisme : la France n’a pas encore oublié sa très tumultueuse histoire. 

Malgré tout, imaginer qu’une révolution pût se produire en France où la société semblait sombrer dans une lourde léthargie de simples d’esprits bienheureux, au  siècle de la voiture et du frigidaire, ces acquisitions qui endorment si bien les consciences, paraissait totalement inconcevable. Alors, cet après-midi là, malgré le premier signe avant-coureur des drapeaux rouges plantés sur des édifices nationaux, malgré nos barricades du 10 mai, lorsque j’entendis à la Sorbonne et au théâtre de l’Odéon des types hurler que la révolution était proche, à portée de main, je les pris d’emblée pour des exaltés de la calebasse. Cependant, en y réfléchissant bien, au constat indéniable que la situation n’était vraiment plus normale, mais, au moins, atypique, on finissait par se poser des questions. Il était environ 16 heures quand mon amie me demanda, d’un ton hésitant et quelque peu craintif, si une révolution risquait vraiment d’éclater. Je lui ai répondu très vaguement, je ne savais pas trop, mais l’idée faisait son petit bonhomme de chemin, quittait pas à pas le domaine de la fiction pour s’ancrer insidieusement dans la réalité. Cela laissait songeur. 

Et c’est devenu de plus en plus précis, pour finalement fulgurer. Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, comble et enfumé, vers les neuf heures du soir, il est venu un type qui nous déclaré que les usines Renault s’étaient mises en grève illimitée, la SNCF et la RATP également ; qu’à la fin de la semaine toute la France serait paralysée, que c’était la Révolution. Je buvais ses paroles comme un ivrogne, les yeux hagards, hallucinés, le cœur battant la chamade, ruisselant de sueur, l’esprit chamboulé, bégayant en mon for intérieur : « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, je rêve. » Et lorsque j’eus fini par admettre que la Révolution s’extirpait enfin de la poussière du passé, des oubliettes de l’Histoire, je n’ai pu m’empêcher de doucement chialer d’émotion. A partir de là, une terreur n’a jamais cessé de me poursuivre : que cette trop belle occasion de chambardement généralisé ne se transforme en pitoyable pétard mouillé, par la faute des uns et des autres. 

Le soir même, le Premier ministre s’était adressé aux Français. « Un groupe d’enragés…dont le but est de détruire notre société…Il est de notre devoir de défendre la République. » Nous ne rêvions pas : lui aussi il le sentait, le souffle naissant de l’insurrection, de la glorieuse débandade, de l’écroulement des décors. Il en frémissait, pâlissait, visage crispé et durci, ses viriles mâchoires serrées. Et, vite, nous devions rejoindre les ouvriers en grève, nous unir tous. Je suis sorti de la Sorbonne en transe, je suis accouru à la maison pour porter la bonne nouvelle, le pays qui serait paralysé d’ici la fin de la semaine, la Révolution, le pouvoir rouge… Je me voyais déjà, bannière écarlate à la main, au sommet d’une barricade, j’étais hors d’état de manger, et nous sommes ressortis, mon ami et moi, pour nous rallier aux travailleurs de Renault, vers les onze heures du soir. 

Ce fut une déception. Les ouvriers étaient parqués derrière les grilles de l’usine plongée dans les ténèbres. Des piquets de grève, perchés sur les murs, nous envoyaient de temps en temps des bouteilles sur la gueule, histoire de s’amuser. Ils étaient réticents, raisonnaient beaucoup, nous en voulaient de nos injures à l’adresse du Parti communiste ; l’entente était très molle, pas du tout révolutionnaire comme nous le souhaitions si ardemment, la défiance l’emportait. Nous nous défendions mal, en plus. Nous nous sentions, devant eux qui bavaient quotidiennement du taf et du capital vorace, tout cons, morveux et pédants, petits bourgeois aux mains douces et blanches, prisonniers des différences sociales. Notre gentillesse paraissait suspecte, équivoque. C’était bien la preuve qu’auparavant nous les avions toujours ignorés, les ouvriers, et nos slogans enthousiastes ne suffisaient pas à instaurer un contact immédiat. Oui, ils se méfiaient, et ils avaient raison. Moi-même, j’ai bien eu l’impression que nous voulions surtout profiter d’eux, de la masse du prolétariat sans laquelle aucune révolution ne pourrait aboutir. Ils se questionnaient, ils avaient l’habitude de servir de chair à pâtée aux zozos pseudo-révolutionnaires, de se retrouver finalement floués, bassement escroqués par les racoleurs ambitieux de la bourgeoisie ; cette perpétuelle trahison était inscrite en lettres de sang tout au long de l’histoire du peuple français. 

Au cours de cette soirée, je connus une autre déception. A un certain moment, alors que la tension montait d’un cran avec les ouvriers, un type de trente ans nous poussait à la bagarre, nous reprochant notre manque de cran. Il prétendait avoir organisé, à l’aube du 11 mai, les dernières attaques sur les toits contre les CRS, et, de fil en aiguille, on apprit qu’il était un ancien de l’OAS, un paumé qui, ayant joliment bricolé dans l’activisme fasciste en Algérie, offrait aux étudiants sa riche expérience. Du coup, cela m’a quelque peu terni la mémoire des barricades. Les communistes avaient eu ce genre de soupçons : des indicateurs, des provocateurs d’extrême droite qui avaient fait monter la sauce cette nuit-là. 


Archive pour 8 octobre, 2008

MAI 68 (11)

Ce jeudi 16 mai, je me suis enfin rendu à la Sorbonne qui était elle aussi occupée depuis trois nuits. Ce fut pour tomber dans une assemblée de médiocres  qui pensaient encore à leurs examens, comme si rien ne s’était passé, comme si les barricades du 10 mai avaient été en sucre et chocolat, comme si les flics nous avaient matraqués avec des fleurs. Là comme à Nanterre, les professeurs se distinguaient. Dont l’un, bien connu pour son éternel « Moi, moi, moi », profitait de l’occasion pour complaisamment débloquer et sombrer dans le fil de ses souvenirs d’enfance ; mais personne ne songea à virer ce gaga. Un autre piqua sa crise parce que les étudiants ne s’organisaient pas assez vite et menaça de démissionner. On voyait la profondeur de leurs convictions, c’en était désarmant. 

Pourtant, cette journée du 16 mai, je m’en souviendrai toute ma vie. Il y eut d’abord un premier choc, qui en préfigurait un second. Trois fois rien pourtant. Le drapeau rouge fiché sur la chapelle de la Sorbonne. Quand je l’ai aperçu, flottant au vent, je me suis rappelé une photographie qui m’avait toujours vivement impressionné. Elle représentait deux soldats soviétiques en train de planter le drapeau rouge frappé du marteau et de la faucille au sommet du Reichstag de Berlin, à la fin de la guerre. Elle est célèbre, cette photo, et elle m’émeut grandement. Je m’imaginais les années de souffrance du peuple russe, puis la victoire finale sur la crapulerie nazie que consacrait la bannière rouge. Le drapeau au sommet de la Sorbonne me procura la même sensation de défi glorieux et de victoire sur quelque chose de très pourri. Ce torchon sanglant était pour moi un emblème d’une merveilleuse signification. A partir de ce moment-là, j’ai vraiment pris conscience que quelque chose changeait. Et j’ai bien passé cinq minutes entières dans un état de sidération, à contempler ce drapeau rouge. Par la suite, chaque fois que je me suis rendu à la Sorbonne, c’est à lui que s’offrait mon premier regard, et je souriais de contentement. Aussi, j’ai éprouvé une grande tristesse quand, un mois après, les flics l’ont arraché de leurs grosses pognes incultes pour y substituer le drapeau tricolore que l’on avait à la fois trop vu et dévoyé. 

Le second choc de la journée n’est pas survenu brusquement, mais en douceur. Par signes annonciateurs par-ci par-là, de vagues prodromes, puis assez abruptement, la révélation, la pleine prise de conscience. Je parle de ma rencontre avec la Révolution qui date bien de ce jeudi 16 mai. Il est des rencontres capitales dans une existence. L’amour, la mort. On apprend beaucoup de choses au cours des années qui était restées confinées jusque-là dans les livres ou plaquées sur un écran de cinéma. Et c’est un choc de les voir, un beau jour et contre toute attente, bien réelles, nues et crues en face de nous. La Révolution, c’était bien l’abstraction par excellence, la possession poussiéreuse des historiens, qui m’avait de tout temps enthousiasmé mais que je désespérais de pouvoir vivre de mon vivant. Je ne comptais pas, à l’évidence, avec le côté totalement imprévisible qui caractérise le peuple français et sidère les pays étrangers. Le Français, il roupille des années et des années, puis soudain une grande folie s’empare de lui, il gueule, il revendique plus fort que tout autre, il bouscule tout dans ce désordre le plus incroyable qui le mène toujours à sa perte. Tandis qu’à l’étranger, que ce soit en Allemagne ou en Angleterre, c’est désormais le sommeil à perpétuité, sans nulle espérance de réveil. Parlez de la révolution à un Anglais ou à un Allemand, il sait à peine ce que vous entendez par ce terme tout à fait éculé et périmé ; pis, il rira à pleine gorge. Pour eux, la révolution c’est du carnaval, un accessoire de théâtre, qui ne fait plus peur du tout. Mais, le Français, qu’il soit réactionnaire ou non, sait bel et bien ce que le mot « révolution » signifie. Il en tremble dans sa culotte ou atteint le septième ciel. Pur atavisme : la France n’a pas encore oublié sa très tumultueuse histoire. 

Malgré tout, imaginer qu’une révolution pût se produire en France où la société semblait sombrer dans une lourde léthargie de simples d’esprits bienheureux, au  siècle de la voiture et du frigidaire, ces acquisitions qui endorment si bien les consciences, paraissait totalement inconcevable. Alors, cet après-midi là, malgré le premier signe avant-coureur des drapeaux rouges plantés sur des édifices nationaux, malgré nos barricades du 10 mai, lorsque j’entendis à la Sorbonne et au théâtre de l’Odéon des types hurler que la révolution était proche, à portée de main, je les pris d’emblée pour des exaltés de la calebasse. Cependant, en y réfléchissant bien, au constat indéniable que la situation n’était vraiment plus normale, mais, au moins, atypique, on finissait par se poser des questions. Il était environ 16 heures quand mon amie me demanda, d’un ton hésitant et quelque peu craintif, si une révolution risquait vraiment d’éclater. Je lui ai répondu très vaguement, je ne savais pas trop, mais l’idée faisait son petit bonhomme de chemin, quittait pas à pas le domaine de la fiction pour s’ancrer insidieusement dans la réalité. Cela laissait songeur. 

Et c’est devenu de plus en plus précis, pour finalement fulgurer. Dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, comble et enfumé, vers les neuf heures du soir, il est venu un type qui nous déclaré que les usines Renault s’étaient mises en grève illimitée, la SNCF et la RATP également ; qu’à la fin de la semaine toute la France serait paralysée, que c’était la Révolution. Je buvais ses paroles comme un ivrogne, les yeux hagards, hallucinés, le cœur battant la chamade, ruisselant de sueur, l’esprit chamboulé, bégayant en mon for intérieur : « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, je rêve. » Et lorsque j’eus fini par admettre que la Révolution s’extirpait enfin de la poussière du passé, des oubliettes de l’Histoire, je n’ai pu m’empêcher de doucement chialer d’émotion. A partir de là, une terreur n’a jamais cessé de me poursuivre : que cette trop belle occasion de chambardement généralisé ne se transforme en pitoyable pétard mouillé, par la faute des uns et des autres. 

Le soir même, le Premier ministre s’était adressé aux Français. « Un groupe d’enragés…dont le but est de détruire notre société…Il est de notre devoir de défendre la République. » Nous ne rêvions pas : lui aussi il le sentait, le souffle naissant de l’insurrection, de la glorieuse débandade, de l’écroulement des décors. Il en frémissait, pâlissait, visage crispé et durci, ses viriles mâchoires serrées. Et, vite, nous devions rejoindre les ouvriers en grève, nous unir tous. Je suis sorti de la Sorbonne en transe, je suis accouru à la maison pour porter la bonne nouvelle, le pays qui serait paralysé d’ici la fin de la semaine, la Révolution, le pouvoir rouge… Je me voyais déjà, bannière écarlate à la main, au sommet d’une barricade, j’étais hors d’état de manger, et nous sommes ressortis, mon ami et moi, pour nous rallier aux travailleurs de Renault, vers les onze heures du soir. 

Ce fut une déception. Les ouvriers étaient parqués derrière les grilles de l’usine plongée dans les ténèbres. Des piquets de grève, perchés sur les murs, nous envoyaient de temps en temps des bouteilles sur la gueule, histoire de s’amuser. Ils étaient réticents, raisonnaient beaucoup, nous en voulaient de nos injures à l’adresse du Parti communiste ; l’entente était très molle, pas du tout révolutionnaire comme nous le souhaitions si ardemment, la défiance l’emportait. Nous nous défendions mal, en plus. Nous nous sentions, devant eux qui bavaient quotidiennement du taf et du capital vorace, tout cons, morveux et pédants, petits bourgeois aux mains douces et blanches, prisonniers des différences sociales. Notre gentillesse paraissait suspecte, équivoque. C’était bien la preuve qu’auparavant nous les avions toujours ignorés, les ouvriers, et nos slogans enthousiastes ne suffisaient pas à instaurer un contact immédiat. Oui, ils se méfiaient, et ils avaient raison. Moi-même, j’ai bien eu l’impression que nous voulions surtout profiter d’eux, de la masse du prolétariat sans laquelle aucune révolution ne pourrait aboutir. Ils se questionnaient, ils avaient l’habitude de servir de chair à pâtée aux zozos pseudo-révolutionnaires, de se retrouver finalement floués, bassement escroqués par les racoleurs ambitieux de la bourgeoisie ; cette perpétuelle trahison était inscrite en lettres de sang tout au long de l’histoire du peuple français. 

Au cours de cette soirée, je connus une autre déception. A un certain moment, alors que la tension montait d’un cran avec les ouvriers, un type de trente ans nous poussait à la bagarre, nous reprochant notre manque de cran. Il prétendait avoir organisé, à l’aube du 11 mai, les dernières attaques sur les toits contre les CRS, et, de fil en aiguille, on apprit qu’il était un ancien de l’OAS, un paumé qui, ayant joliment bricolé dans l’activisme fasciste en Algérie, offrait aux étudiants sa riche expérience. Du coup, cela m’a quelque peu terni la mémoire des barricades. Les communistes avaient eu ce genre de soupçons : des indicateurs, des provocateurs d’extrême droite qui avaient fait monter la sauce cette nuit-là. 

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